23 janv. 2019

Le Partisan (Session acoustique)

Samedi, une session acoustique
tournée dans le ventre de la terre,
profond, profond

j'y avais joué ma version du Partisan, de Léonard Cohen

A samedi !

19 janv. 2019

Mary Oliver - à propos du pouvoir et du temps

J'ai partagé ce matin le texte de Mary Oliver, reçu via le patreon d'Amanda Palmer , sur les réseaux sociaux. On m'a demandé de le publier quelque part, le voici.

Le texte m'a beaucoup touchée, il parle de ne pas s'interrompre soi-même , de la créativité, de nos mille visages, de comment parler aux obligations quotidiennes, aux impressions de contraintes, à la soif d'invisible et d'éternité.

je n'ai pas trouvé de traduction alors j'en ai bricolé une moi-même.  Si vous préférez l'entendre, il y a une version que je lis sur mon facebook, ou en story instagram. Peut-être que je ferai une petite playlist de lectures sur ma chaine youtube, mais pour l'instant, ça s'arrête là ! Bonne lecture, j'espère que ça vous inspirera !
(et si vous en voulez plus, le recueil dont est tiré le poème s'appelle UPSTREAM donc courez envahir les librairies en agitant le petit papier sur lequel vous avez noté tout ça)

Camille

...

A PROPOS DU POUVOIR ET DU TEMPS
Mary Oliver


C'est un matin d'argent comme n'importe quel autre. Je suis à mon bureau. Alors le téléphone sonne, ou quelqu'un frappe à la porte. Je suis profond dans la machinerie de mes pensées. A contrecoeur je me lève, je réponds au téléphone ou j'ouvre la porte. Et l'idée que j'avais dans ma main, ou presque dans ma main, est partie.


Le travail créative a besoin de solitude. Il a besoin de concentration, sans interruptions. Il a besoin du ciel entier pour voler dedans, et qu'il n'y ait pas d'oeil qui le regarde jusqu'à ce qu'il arrive à la sureté à laquelle il aspire, mais qu'il n'a pas necessairement tout de suite. Alors, l'intimité. Un endroit hors du temps, pour machouiller le crayon, pour griffoner et effacer et griffoner à nouveau.


Mais tout aussi souvent, sinon plus souvent, l'interruption ne vient pas de quelqu'un d'autre mais de soi-même, ou d'un autre soi dans nous-même, qui siffle et bat sur les murs de la porte et s'élance, en éclaboussant, dans le bassin de la méditation. Et qu'a - t-il à dire? Que tu dois téléphoner au dentiste, que tu n'as plus de moutarde, que l'anniversaire de ton oncle Stanley est prévu dans deux semaines. Tu réagis, bien-sûr. Puis tu retournes à ton travail, seulement pour t'apercevoir que les diablotins de ton idée se sont évanouis dans la brume.


Ce sont les traces de cette chose interne, cette interruption intime, que je vais suivre. Le monde éparpille, à la façon énergétique d'une place commune ouverte, ses nombreuses bénédictions, comme un monde le devrait. Quelle querelle peut il y avoir avec ça? Mais que le soi puisse interrompre le soi - et le fasse- est une question plus sombre et plus curieuse.


Je suis, moi-même, au moins trois moi-mêmes. Pour commencer, il y a l'enfant que j'étais. Certainement je ne suis plus cet enfant ! Pourtant, dans le lointain, et quelquefois de manière pas si lointaine, je peux entendre la voix de cet enfant - je peux sentir son espoir, ou sa détresse. Elle ne s'est pas évanouie. Puissante, égoïste, insinuante - sa présence s'élève, en souvenir ou depuis la rivière bouillonnante des songes. Elle n'est pas partie, pas très loin. Elle est avec moi en cette heure présente. Elle sera avec moi dans la tombe.


Et il y a le moi-même attentif, social. C'est celle qui sourit, la gardienne de porte. C'est la portion qui évente l'horloge, qui pilote le quotidien de la vie. Qui garde à l'esprit les rendez-vous qui doivent être faits, puis tenus. Elle est enchaînée à un millier de notions d'obligations. Elle bouge à travers les heures du jour comme si le mouvement lui-même était la chose à faire. S'il va rassembler, dans son élan, quelque branche de sagesse ou de délice, ou rien du tout, est un problème qui ne la concerne quasiment pas. Ce que ce moi-même là entend nuit et jour, ce qu'elle aime par dessus toutes les autres chansons, c'est la course infinie de l'horloge; ces mesures strictes et vives, et pleines de sûreté.
L'horloge ! Ce crâne de lune à douze visages, ce ventre d'araignée blanche ! Comme elles sont sereines, ces mains qui bougent avec leur pointe en filigrane, et comme elles sont stables ! Douze heures, et douze heures, et ça recommence ! Mange, parle, dors, traverse la rue, lave un plat ! L'horloge bouge toujours.
Toutes ses visions sont justes si vastes - si régulieres (notez ce mot). Tous les jours, douze petites corbeilles dans lesquelles ranger la vie en désordre, et les pensées encore plus en désordre. L'horloge de la ville crie, et le visage de chaque poignet fredonne ou brille ; le monde est en rythme avec lui-même. Un autre jour passe, un jour ordinaire et régulier. (notez ce mot aussi.)
Disons que vous avez acheté un ticket pour un avion et vous voulez voler de New York à San Francisco. Qu'est ce que vous demandez au pilote quand vous grimpez à bord et que vous vous asseyez près du petit hublot, que vous ne pouvez pas ouvrir mais à travers lequel vous voyez les hauteurs vertigineuses par lesquelles vous êtes éloignés de la terre sécurisante et amicale?
Plus qu'assurément, vous voulez que le pilote soit son soi-même régulier et ordinaire. Vous voulez qu'il approche et assure son travail avec rien de plus qu'un plaisir calme. Vous ne voulez rien de particulier, rien de nouveau. Vous lui demandez de faire, avec routine, ce qu'il sait faire - voler et conduire l'avion. Vous espérez qu'il ne va pas rêvasser. Vous espérez qu'il ne va pas se laisser dériver dans un flot de pensées intéressantes. Vous voulez que ce vol soit ordinaire, pas extraordinaire. Et de la même façon, avec le chirurgien, et l'ambulancier, et le capitaine de bateau. Qu'on les laisse tous travailler, aussi ordinairement qu'ils le font, avec la familiarité confiante que le travail requiert, et rien de plus. Cette familiarité est la sureté du monde. Leur ordinarité fait que le monde tourne.


Moi aussi, je vis dans ce monde ordinaire. Je suis néee dedans. En fait, la plupart de mon éducation a consisté à me faire me sentir bien, confortable en lui. Pourquoi cette entreprise a échoué, c'est une autre histoire. Ces genres d'échecs arrivent, et alors, comme toutes les choses, ils se retournent au profit du monde, parce que le monde a besoin de rêveurs comme il a besoin de cordonniers. (pas que ce soit si simple, en fait, puisque quel cordonnier de ne se tape pas occasionnellement sur le pouce quand ses pensées ont, comme nous le dirions, "dérivé"? Et quand le corps ce vieil animal aboie pour avoir de l'attention, quel rêvasseur ne doit pas descendre de temps à autre de son rêve et se dépêcher d'aller au marché avant la fermeture, car sinon il continuera à avoir faim?)


Et ceci est vrai également. Dans le travail créatif - le travail créatif de toutes sortes - ceux qui sont les artistes travailleurs du monde n'essayent pas d'aider le monde à tourner, mais à aller de l'avant. Ce qui est quelque chose d'en soi très différent de l'ordinaire. Un tel travail ne refuse pas l'ordinaire. C'est, simplement, quelque chose d'autre. Son labeur requiert une perspective différente - un ordre des priorités différent.
Certainement il y a à l'intérieur de chacun d'entre-nous un soi-même qui n'est ni un enfant, ni un serviteur de l'horloge. c'est un troisième soi-même, occasionnel en certains d'entre nous, tyrannique en d'autres. Ce soi-même n'a pas d'amour pour l'ordinaire, il n'a pas d'amour pour le temps. Il a faim d'éternité.


Travail intellectuel quelquefois, travail spirituel certainement, travail artistique toujours - ce sont les forces à sa portée, des forces qui doivent voyager au delà du royaume des hours et de la contrainte des habitudes. Le travail actuel ne peut pas non plus bien être séparé de la vie entière. Comme les chevaliers du moyen-âge, il n'y a pas grand chose que la personne incline à l'art peut faire, à part se préparer, corps et âmes, pour le labeur - parce que ses aventures sont toutes inconnues. En vérité, le travail lui-même est une aventure. Et aucun artiste ne pourrait continuer à travailler, ou ne le voudrait, sans une extraordinaire énergie, et une extraordinaire concentration.. C'est d'extraordinaire que l'art est fait.
Il n'est pas non plus possible de contrôler, ou réguler, la machinerie de la créativité. On doit travailler avec les puissances créatives, et travailler avec ce n'est pas travailler contre, en art comme en vie spirituelle il n'y a pas d'endroit neutre. Spécialement au début, il y a un besoin de discipline comme de solitude et de concentration. Un emploi du temps d'écriture est une bonne suggestion à faire aux jeunes écrivains, par exemple.Egalement, c'est déjà assez leur dire. Si on leur disait si tôt la vérité entière, qu'on doit être prêt à toutes heures, toujours, que les idées dans leurs formes chatoyantes , malgré toute leur discipline consciencieuse, viendront quand elles voudront, et sur la révolte rapide de leurs ailes, en désordres, sans répit, aussi indomptables, quelquefois, que la passion.
Personne encore n'a fait une liste des endroits où l'extraordinaire peut arriver et où il ne le peut pas. Tout de même, il y a des indications. Parmi les foules, dans les salons, parmi les aises et les conforts et les plaisirs, il est rarement vu. Il aime le dehors. Il aime l'esprit concentré. Il aime la solitude. Il a plus de chance de se coller au risque tout qu'à l'acheteur de tickets. Ce n'est pas qu'il dénigre les conforts, ou les routines établies du monde, c'est que ce ses intérêts sont dirigés vers d'autres endroits. Ses intérêts sont au bord, dans faire une forme de ce qui n'a pas de forme, qui est au delà du bord.
Et celà on ne peut le questionner - le travail créatif requiert une loyauté aussi complète que la loyauté de l'eau à la gravité. Une personne qui s'avance dans la jungle de la création et qui ne sait pas ça, qui n'avale pas ça - est perdue. Celui qui n'est pas assoiffé de cet endroit sans toiture d'éternité, devrait rester à la maison. Une telle personne est parfaitement valable, et utile, et même belle, mais ce n'est pas un artiste. Une telle personne ferait mieux de vivre avec des ambitions temporelles, des travaux finis, faites pour l'éclat d'un moment seulement. Une telle personne ferait mieux d'aller faire décoller un avion.


Il y a cette notion que les personnes créatives sont distraites, imprudentes, se fichent des obligations sociales et des usages sociaux. C'est, je l'espère, vrai. Parce qu'il sont complètement dans un autre monde. C'est un monde dans lequel le troisième soi-même gouverne. La pureté de l'art n'est pas non plus l'innocence de l'enfance, si une telle chose existe. La vie de quelqu'un en tant qu'enfant, avec toutes ses rages et ses degrés émotionnels, n'est rien que de l'herbe pour le cheval ailé - celà doit être bien mâché par ses dents sauvages. Il y a des différences irréconciliables entre reconnaitre et examiner les fabulations de son passé et les déguiser comme si elles étaient des silhouettes adultes, dignes de l'art, ce qu'elles ne seront jamais. L'artiste au travail, en concentration, est un adulte qui refuse ses propres interruptions, qui reste absorbé et plein d'energie dans et par le travail - qui est ainsi responsable du travail.
Pendant n'importe quel matin ou après midi, les sérieuses interruptions du travail, par conséquent, ne sont jamais les inopportunes, joyeuses, même aimantes interruptions qui viennent à nous depuis quelqu'un d'autre. Les sérieuses interruptions viennent de l'oeil vigilant que nous jettons sur nous-mêmes. Il est là le souffle qui dégomme la flèche de sa cible ! Il est là le frein que nous jettons sur nos propres intentions. Là est l'interruption dont nous devons avoir peur !


Il est six heures du matin, et je travaille. Je suis distraite, imprudente, je me fiche des obligations sociales, etc. C'est comme celà doit être. Le pneu est crevé, les dents tombent, il y aura un cent repas sans moutarde. Le poème est écrit. Je me suis battue avec l'ange et je suis tâchée de lumière et je n'ai pas honte. Ni de culpabilité. Ma responsabilité n'est pas dans l'ordinaire, ou le temporel. Elle n'inclut pas la moutarde, ou les dents. Elle ne s'étend pas au bouton perdu, ou aux haricots dans la marmite. Ma loyauté est dans la vision intérieure, quelque soit le moment et l'endroit où elle arrive. Si j'ai un rendez-vous avec vous à trois heures, réjouis toi si je suis en retard. Réjouis toi encore plus si je ne viens pas du tout.
Il n'y a pas d'autre façon de faire du travail artistique. Et le succès occasionnel, pour le travailleur acharné, vaut tout. Les gens les plus farcis de regrets sur la terre sont ceux qui ont senti l'appel du travail créatif, qui ont senti leur propre puissance créative s'agiter et s'élever, et ne lui ont donné ni pouvoir ni temps.

La Niouzléteur de Janvier 2019 : LE PREMIER MATIN DE TOUTE UNE VIE

Voici la Niouzléteur de Début Janvier
quand j'ai le temps et que ça s'y prête; je la mets sur le blog
mais la version mail est plus régulière (tous les mois ou deux mois environ) et surtout avec plus d'images et de liens, de petits cadeaux videos de temps en temps !

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et maintenant : la lettre

...


Mes petits loups d'eau douce, douce, oh si douce.

OH ! Ah ! Uh ! comme je souhaite que cette année nouvelle, sortant son corps ondin d'une eau cristalline, t'ouvre les bras ardemment !

je t'écris dans ma salopette orange préférée,
mes nouveaux cheveux verts flottant au vent,
le feu crépitant dans la cheminée de la maison qu'on m'a prêtée pour un mois,
la mer partout autour,
le silence,
la petite boule ronronnante tout près, deux yeux transparents aperçus sous une forêt de poils,
la bouche pleine de bouillie (noisettes/lait de coco/manioc/gaufrettes de l'aire d'autoroute, tu m'en diras des nouvelles, comme me disait feu mon grand père à qui je ne peux hélas plus donner tellement de nouvelles, même si je continue d'aller sur sa tombe et de lui faire la conversation, que voulez-vous, chacun son chagrin, et l'amour est comme les chats, il est toujours rassurant mais il prend tant de formes, il a tant de caractères, le mien ne se tait pas.

donc je vais sur sa tombe et je parle. je lui dis, je vais à l'ile d'yeu, pour un mois, peut-être deux, je fais le ménage, il y a des parties de ma vie qui ne me vont plus, la mue que je fais si souvent en moi-même il faut cette fois que je la fasse à l'extérieur de moi-même, tu comprends pépé?

je lui dis Mémé va bien, elle aura 90 ans en Mars, je sais que le temps ça veut plus rien dire pour toi, mais tu te rends compte? Je lui donne des nouvelles de mes soeurs, de mes parents. Je lui dis que je suis amoureuse, que ça transforme tout, que je deviens encore plus moi-même. Quand il y a d'autres gens dans le cimetière je m'en vais. J'aimerais une tombe au pied d'un arbre, pour pouvoir rester longtemps et parler. Mais celle ci n'est pas si mal, elle donne sur la ville et les montagnes au loin, et puis je sais comment il est couché, avec quelle chemise, je sais que dans sa poche il y a un secret d'amour. Enfin voilà, je fais semblant de vouloir vous écrire légèrement, de donner une recette de bouillie fantaisiste et voilà que je parle de ceux que j'aime, de la mort, et de cette vie qui se transforme, heureusement et étonnamment, à chaque instant. Moi ça me va, ce virage qui sonne plus juste, plus sincère, j'espère que vous aussi. )

J'ai donc la bouche pleine de coco, de noisettes, et de bonnes résolutions, et maintenant curieusement la gorge un peu seche, contrairement aux yeux.

Je vous envoie une marmite d'amour, assez grande pour vous plonger dedans tout entiers.

...

Comment je fais pour devenir plus moi-même, comment je fais pour donner mieux? Voilà les questions qui me trottent toujours dans la tête, comme des petites souris farceuses, mignonnes et grignotant tout. D'habitude, je peux pas vraiment les suivre, parce qu'il y a déjà ça, ça et ça de prévu, parce que ma sensibilité fait qu'un évènement en provoque mille autres, qui le précèdent et le suivent, parce que tout m'emporte, me séduit, me sidère, me blesse ou me répare, parce qu'enfin celà fait longtemps que je n'ai rangé ni ma maison ni ma vie. Celà fait sept ou huit ans maintenant, tout un cycle, que je vous chante mes chansons, de scène en scène, petits pointillés sur lesquels je saute à pieds nus, hop hop hop.
Ces derniers mois, j'ai eu envie, besoin, grand besoin, le besoin de l'air quand a trop retenu sa respiration, grand besoin de liberté, de temps, de silence.

J'ai dit oui à cette proposition : un mois ou deux dans une maison inconnue et accueillante, près de la mer, toute seule avec une personne que j'aime, qui me laisse largement assez de silence pour me rouler dedans, et qui, après une nuit enlaçant la nature comme un gros serpent blanc, s'éveille à l'aube et s'enfuit, le chat sur ses talons, la soif de tout à la fois dans sa gorge, et passe ses journées à fouiller les bosquets, les vagues, les insectes, parfois les humains, cherche des indices d'une vie étrange et crépitante, assemble des choses en puzzle pour en dire une vérité qu'on n'avait pas soupçonnée et qui se révèle, toute nue sur la table, la vie qui a soulevé son jupon d'un air malicieux, et lui en filme les mille splendeurs secrètes, tous les théâtres et les entrechocs, les romantismes souterrains, et ensemble je les vois revenir le soir, chat et humain, avec les yeux ébahis et les pattes pleines de boue.

C'est de là que je vous écris, d'abord pour le plaisir de vous écrire, ensuite pour vous dire celà, tout court, et puis pour vous dire que pour moi ce sont les deux premiers mois d'un temps plus long, une nouvelle période qui s'ouvre, le premier matin de toute une vie qui a enlevé encore une chrysalide.

Aussi vous dire que je ne sais pas si celà me fera parler moins ou parler beaucoup plus, mais j'espère, les deux à la fois. Je remets mon monde dans l'ordre.
Bien-sûr, j'irai faire les choses que j'ai déjà engagées, bien-sûr je ferai au mieux pour le faire de tout mon coeur.
Mais j'ai besoin d'un infini de silence, de solitude, d'amour.
J'ai besoin de sortir tous mes tiroirs et de les déverser sur la table, mes tiroirs dans lesquels une quantité incroyable de projets artistiques sont enfouis, serrés, débordants, et de temps en temps quand l'un ou l'autre naissait, je vous l'écrivais, je disais, "le conte de l'Etrange Petite Sirène est prêt, elle sortira en dvd !", ou "je vais faire un livre de partitions de paroles et de dessins pour jouer mes chansons!", ou "les tshirts sont presque prêts", ou "la bd va sortir !" et puis prise par les urgences qu'un regard plus vrai savait pourtant insignifiantes et sans profondeur, je me faisais engloutir à nouveau dans une course folle, et pour ne pas les asphyxier, je fourrais hâtivement les projets presque-prêts dans le tiroir, serrés parmi les autres. "Pour quand j'aurai un peu plus de temps" .

Voilà, ce temps, je le prends. Promis, chers projets, j'ai enlevé mes bottes d'aucune lieues qui n'allaient nulle part, j'apprenais en chemin bien-sûr, mais, mais, c'est tellement mieux quand la route est choisie.

Ces prochains temps, il y aura donc peut-être un peu moins de choses visibles, est ce que ce sera moins de paroles, moins de réseaux sociaux, moins de réponses aux milliards de mails professionnels, moins de concerts? je ne sais pas encore, je trie, je laisse la pâte de mon corps se reposer. Je renifle comme une odeur que j'avais oublié, mais qui m'est familière, que ce silence est justement la bonne route, la vraie route, pour donner beaucoup, tellement, tellement plus. J'avais l'impression de m'éparpiller, de parler dans une langue qui n'était pas la mienne, comme si j'agissais avec des bras légèrement à côté de mes propres bras.

Je crois que les miens mettent plus de temps à bouger que ce qu'on me demande généralement. Mais qui est ce "on", sinon une entité vide, creuse, qui s'incarne dans l'un ou l'autre selon les faux besoins d'un moment?

J'espère que les concerts, les mots, les gestes que je donnerai seront mille fois plus justes et plus profonds. Je pense aussi que je vais faire des tas d'expériences, tatonner, me laisser trébucher, ou gravir des choses que je ne sais pas encore gravir, parce que ça a toujours été ma manière de comprendre, d'apprendre, d'avancer. De chercher aussi comment donner quelque chose sincèrement, pas une façade de quelque chose, pas quelque chose pour avoir des applaudissements, chercher quelque chose de vrai. C'est cette obsession qui me fait mettre chaque pas après l'autre quand je n'ai même encore aucune idée d'où je vais ou de comment faire pour traverser des jungles qui ont l'air impénétrables, c'est elle qui parlait en sourdine, sous le couvercle des faux-devoirs-à-faire, des faux-conseils-criés-dans-mes-oreilles quasiment chaque jour depuis sept ou huit ans, empruntant la voix de l'un ou l'autre, et je parlerai une autre fois plus longuement de ces cris. Mais mon obsession a pris des poumons, elle crie beaucoup, beaucoup plus fort que ça, d'une voix plus enivrante, et qui enhardit à chaque pas, qui donne de la force à mesure qu'on l'écoute et qu'on avance.

Me voici donc pieds nus comme j'aime, travaillant déjà avec un calme comme je ne me souviens pas avoir connu. J'ai cité trois ou quatre projets si anciens, parce que je me souviens en avoir parlé dans ces niouzléteurs que je prends tant de plaisir à écrire, mais il y en a tant, certains tout neufs, la dernière brique de mots à peine posée, le ciment des images encore frais, d'autres attendant depuis longtemps, fruits imaginaires mûrs à point, sachant chaque mouvement à l'avance; et puis tous frémissant, frétillants comme des gros poissons impatients, tous, tellement heureux de sortir bientôt vous rencontrer.
Bien-sûr, un de ces énormes poissons aux yeux ronds, aux écailles multicolores, aux airs de dragons presque apprivoisés, un de ceux auxquels je pense, c'est un deuxième album. Je fais aussi de la place pour le laisser naitre à son rythme. ça aussi, ça demande la bonne dose de temps, de tranquillité, de joie, de folie, de moment présent.

Et puis, voici une image d'un des minuscules cadeaux, sortis des tiroirs, sur lequel je travaille ces jours-ci.
Une vidéo prise dans le ventre de la terre, on s'était perdus dans la forêt, on nous avait confié le secret de l'endroit, à peu près, vous verrez, on peut descendre, descendre dans la terre, là où tout est silencieux et tout vit.
J'y avais joué trois chansons. Deux de mes reprises débordantes, et une chanson à peine née. Je ne sais pas encore si on va sortir les trois, j'aimerais bien, un petit triptyque du ventre de la terre. La lumière est incroyable, le lieu est beau à s'évanouir, une petite chauve souris vient dire bonjour, ça sent le silence, l'humidité, les insectes. Je ne sais pas encore trop faire avec les prises de sons, on essaye des choses. J'espère que ça sera écoutable. J'espère que ça vous plaira. 



C'est en préparant ce petit cadeau que je vous souhaite une merveilleuse, une frémissante, une de coeur-ébloui, une de joie-éclose année 2019

avec plein d'amour

Camille Hardouin - La Demoiselle inconnue - anciennement un homard (dont la carapace glissait de plus en plus)- me voici dehors aussi - c'est à dire encore plus dedans pour être encore plus dehors- c'est fini les métaphores cheloues normalement c'est la signature on n'a plus le droit de rajouter des trucs- en même temps c'est l'écriture la langue c'est vivant on a les droits qu'on veut- je veux bien me battre à l'épée en mousse avec un académicien- un combat de langage, ma langue étant vivante elle va mieux que n'importe quelle langue sous couvercle- c'est vrai je trouve qu'un académicien a une relation abusive avec la langue- qu'une langue ça doit se promener en liberté dans la bouche-voilà-maintenant je rajoute plus des trucs j'ai lancé une idée de duel imaginaire en mousse donc j'imagine que là ça va c'est bien comme signature - est ce que vous aussi vous parlez pas beaucoup et puis d'un seul coup sans pouvoir vous arrêter? est ce que vous aussi vos vies se transforment et sortent de leurs chrysalide? est ce que vous signez toujours de quatorze noms à la fois dont des comparaisons volontairement périmées avec des crustacés immortels que vous préférez largement et du mois théoriquement aux académiciens qui sont figés ce qui est l'inverse d'être immortels malgré le nom qu'ils portent de force et comme un drapeau puisque je trouve que la langue il faut jouer avec elle, qu'elle doit être heureuse de jouer avec celui qui la prononce- je ne sais pas pourquoi au petit déjeuner je me suis mise à parler des académiciens et de la langue vivante et que la langue il fallait l'utiliser avec amour, que si on met l'amour ou la vie ou la langue sous un couvercle tout meurt et tout est malheureux- moi je veux des académiciens farceurs et courant dans le jardin en petite culotte en disant les nouveaux mots qu'ils ont entendus partout, dans la bouche de plein de gens aux vies différentes, et bénissant chaque mot qui n'en avait d'ailleurs pas besoin, et s'émerveillant de tous les visages différents du langage, bref agissant avec joie et non avec peur, avec gratitude que le langage se prête à nous au lieu de vouloir l'enfermer quelque part. Vous voyez je parle de choses comme ça, d'envie de liberté dans ma bouche, au petit déjeuner et dans les signatures- c'est une drôle de période, racontez moi la votre si vous avez envie - et puis joyeuse année nouvelle, qu'elle soit comme la langue, accueillie, aimée, joueuse, vivante, farceuse, dévorante, sensuelle, affamée, salivante, et merci à toi, que je ne connais pas beaucoup mais que j'aime de tout mon coeur, à qui je passe littéralement ma vie à écrire, merci chère créature vaillante,  de m'avoir lue jusque là

7 déc. 2018

merci Reims , merci le Charabia Festival, Dominique A !


C'était il y a une semaine tout pile plus un jour tout pile moins cinq heures toutes piles
et j'ai été si bien, si bien reçue. 

Merci pour le petit cocon d'accueil, les nourritures arc en ciel et clignotantes d'amour, merci le Charabia festival et tous ses cadeaux bleus profonds, merci à Barcella rayonnant avec les mains ruisselantes de champagne à offrir et d'idées à distribuer, racontant ses concerts les plus épiques, merci à Ulysse Prod et tous leurs multibras efficaces et ouverts, merci La Cartonnerie et le catering le plus parfait scrupuleux et délicieux de tous les temps, merci la Comédie et ses labyrinthes joyeux, 

merci Dominique A et son équipe, le concert dansé sur un fil , qu'on s'est faufilés pour voir par une porte fermée, l'impression de faire l'école buissonnière, là tous seuls au dessus du public et du concert, tout le monde si liés par la musique et nous aussi, invisibles, la voix et les paroles et les surprises de rythme et d'émotions de Dominique, qui parlait de la personne de son équipe qui est fan des arpèges et dont je ne me souviens plus du prénom, mais peut-être Roger? eh bien moi aussi cher Dominique comme peut-être-Roger je suis fan des arpèges, mais comme peut-être-Roger aussi sans doute j'aime les surprises, et j'ai été bien servie, j'aime qu'on m'entraine là où je n'aurai pas pensé aller, j'aime me faire cueillir par une phrase comme Gandalf quand il on croit qu'il va rester debout devant le ravin mais que la grosse langue du monstre fait un retour de fouet et l'entraine au fond. C'est comme ça les paroles de Dominique A, et en concert aussi presque plus, les petites phrases qui se promènent, l'air qu'elles vont nous laisser tranquilles, mais PAS DU TOUT.

De mon côté comme je jouais pas sur la même scène, en guise de pont j'avais fait une reprise pour l'occasion, c'était le Courage des Oiseaux et c'était aussi un clin d'oeil au Cabaret de Madame Arthur avec Corinne et sa force enracinnée sur scène, je me souviens je chantais la tête sur son épaule et elle caressait mes cheveux, les fleurs dedans,  et moi j'étais heureuse et impressionnée de cette présence si ancrée et si belle, et l'accordéon de l'oiseau Joli qu'on en perdait tous des plumes et la splendide Morian en train de faire voler un poulet en plastique derrière nos têtes en restant on sait pas comment hypersexy dans ce contexte. 

Il y a des mois lors de mon concert dans ce lieu cher à mon coeur que comme tous les lieux chers à mon coeur j'y vais décidément pas assez alors que j'aimerais y passer mes nuits, on m'avait invitée à faire une reprise avec les queens du soirs, et dans la liste j'avais choisi celle ci. J'avais ajouté quelques couplets qui débordaient et répondaient, comme souvent, et ce soir là je les avais dit en balbutiant, ayant fini de les écrire quelques minutes avant le show. 

La semaine dernière, j'avais tout bien retravaillé et appris, et je savais que les gens devant moi connaitraient par coeur la chanson, c'était dangereux et excitant de l'avoir transformée en un virage tremblant, un petit funambulisme malicieux. J'ai adoré faire ça, et j'ai adoré jouer chez vous, cher Charabia, l'ivresse à nouveau d'être seule sur scène et puis l'autre ivresse après les deux concerts, à cause du champagne reimois et du cocktail inventé par Dominique A. Il y avait du pamplemousse et de la vodka et plein d'autres choses mais il faut garder certains ingrédients secrets pour le plaisir du mystère. C'était bon, et doux amer, et comme ses paroles, ça se buvait tout seul, sans trop faire attention, et puis PAF. Comme Gandalf, dans le trou profond, emmené par la langue, au moment où on se croyait sauf, sans prévenir. 



28 nov. 2018

première partie de Dominique A à Reims


Super (mais alors super) heureuse de vous inviter à venir demain soir (c'est à dire jeudi 29 Novembre)  au concert à Reims pour le fabuleux Charabia Festival, en première partie de Dominique A !

Il y a longtemps, quand j'ai croisé Barcella , ses pieds qui ne tiennent pas en place , sa guitare qui chante toute seule, et son sourire éclatant, il m'a parlé avec passion de ce festival monté avec beaucoup d'envie, de curiosité, et de gourmandise musicale. Il a dit peut etre je t'invite là ! C'était il y a des mois, ça semblait fou, joyeux, et dans longtemps. 

Ensuite on m'a dit que j'y étais officiellement programmée, et que c'était en première partie de Dominique A J'avais l'impression qu'on m'offrait deux ou trois gateaux d'anniversaire empilés les uns sur les autres et comme souvent quand on me fait un cadeau je me suis retrouvée trop timide pour dire quoi que ce soit d'autre que des bafouilles ravies. 


Maintenant c'est dans deux jours et je me prépare bravement. Ces jours ci sont étranges, brumeux, par moments très doux,parfois aussi un peu rapeux, un peu ivres, un peu penchés, un peu trop encombrés, comme si les jours étaient des maisons attendant d'être rangées. Je prends les heures dans mes mains, je les nettoie, j'essaye de les remettre dans le bon sens. Certaines, elles brillent tellement, je les accroche au plafond de ma maison pour qu'elles éclairent tout.

J'espère que Jeudi soir ce sera comme ça. 
On ne peut pas savoir à l'avance. Mais on peut se préparer au mieux, chuchoter des choses à sa guitare, lustrer ses espoirs et son coeur, décoiffer un peu ses cheveux, laisser le rouge venir aux joues, comme pour un rendez-vous. Je serai là, comme toujours, tremblante, émue, impatiente.

Et vous? vous viendrez?


8 nov. 2018

le 15 décembre à la Philharmonie !


Cher tous,
j'ai une nouvelle exceptionnelle
le merveilleux musicien Gaspar Claus réunit de nombreux artistes alchimistes de la musique pour un concert exceptionnel à la Philarmonie
j'ai l'honneur fou d'y participer
et c'est avec trois révérences, des yeux pétillants et de nombreux gloussements que je vous invite à réserver dès aujourd'hui
ça n'arrivera qu'une seule fois
et c'est le 15 Décembre, à la Philharmonie de Paris

on mélangera toutes nos sorcelleries
sur une seule scène
si vous aimez les surprises, les paris fous, la musique solaire ou lunaire
la musique de constellations
c'est ce soir là
qu'il faut mettre un manteau et vous glisser dans la salle

chaque fois que je vois Gaspar c'est un tourbillon fou,
quelque chose de serein et puissant, comme un phénomène astrologique
ce jour là, on va monter sur scène ensemble
alors j'ai envie de tomber par terre de joie rien que d'y penser
de tomber à l'envers
c'est à dire
de
m'envoler
de joie

et non seulement ça mais
avec aussi
plein d'autres musicien.nes

ce que je connais d'eux suffit à me tenir éveillée la nuit en souriant

alors voila
quand je dis que j'ai l'honneur fou d'y participer
je dis honneur fou
comme dans "amour fou", par exemple

ça s'appelle One Night Stand
comme un coup d'un soir
excitant
frissonnant
troublant
on vous donne rendez vous le 15 Décembre

et dans le lit
il y a
Gaspar Claus
Ambeyance
Bachar Mar-Khalife
Borja Flames
David Chalmin
Joakim
Juliette Gelli~
Katerina Fotinaki
LAURE BRISA
Ojard
Peter von Poehl
Sébastien Forrester
et moi

mettez votre plus belle cape
ou même rien du tout
juste des chaussures et un sourire
et rejoignez-nous

5 nov. 2018

merci La Bouche d'air ! / Nouveau spectacle !


la semaine dernière nous étions en résidence à Nantes ! Ce fut un engloutissement dans la Bouche d'air, engloutissement dans l'accueil de son équipe fantastique,  dans ses possibilités sonores, dans ses repas en forme de festins infinis, ce qui faisait qu'en nous engloutissant dans la Bouche d'air nous l'avons aussi engloutie dans notre propre bouche morceau à morceau, en nous léchant les babines.

 crédit photos : Maëla Mainguy

On a fabriqué un nouveau spectacle. il était temps, tout le disait. Mais ça m'a surprise quand même. Des nouvelles chansons, une nouvelle ambiance, des nouvelles couleurs, des nouvelles énergies sur scène aussi. C'est toujours si surprenant quand quelque chose qui flotte quelque part dans ta tête, non seulement s'harmonise avec ce qu'il y a dans la tête des autres, mais aussi, grâce à l'action de toutes ces mains, grâce au pouvoir hypnotique de tous ces rêves, se met à exister dans la réalité. 



Ce n'est pas fini, il reste plein de travail, mais quand-même : c'est le début d'un nouveau moment. C'était aussi si important parce qu'on l'a joué une fois, ce spectacle tout jeune encore, presque pas sorti du ventre, pour quelques promeneurs égarés du vendredi après midi, et qu'en leur donnant on se l'est donné à nous-mêmes, et j'entendais résonner pour la première fois ensembles, dans la couleur qui m'obsédait et me semblait la leur, ces chansons qui appartiennent pour moi à une autre période, même si l'une ou l'autre étaient déjà venues hanter la scène, au fur et à mesure de leurs apparitions. 




Merci donc à la Bouche d'air, André, Magali, Richard, Katia, Panda, Stéphane, Maela, de leur invitation, de leur confiance, de cet accueil incroyable, merci à Tibô qui a permis avec patience aux chansons de faire leurs premiers pas dans un écrin tellement confortable et ciselé, parfait pour les guider attentivement, merci profond à Louise de son écoute et de ses propositions fortes et instinctives, de son envie constante de grandir son souffle, d'apprendre, de donner avec justesse, merci joyeux à Jean-Laurent et ses courses sonores de chien fou dans la savane musicale, sa sincérité, ses alchimies savantes et simples à la fois qui sont comme une petite rivière sur laquelle se promener, avec ses virages surprises, merci à Maya, entrée avec autant de grâce que possible dans notre monde ouvert et construit cette fois avec et autour d'elle, des miracles partout dans les poches, dans les mains, sur la peau, et me contagiant avec eux, comme chaque fois.
Merci Lionel, Alex, Just Looking d'avoir rendu ce travail possible.
Merci Zino, Emilie, Augustine, Eugénie, Matthieu, Benoit, qui ont rôdé autour de la semaine, et l'ont colorée de leur présence bienveillante. 



Les photos sont quelques traces de la semaine, le ventre ouvert en plein jour, les rouages exposés, nos visages silencieux et concentrés pour comprendre le puzzle invisible qui se mettait peu à peu en place. Elles ont été attrapées par Maela, merci !



et bienvenue à cette nouvelle chose qui commence tout juste à exister, qu'on vous montrera dès qu'elle se sentira prête, promis, je l'écoute très fort, je tisse ses pieds ses genoux les cellules de ses joues et son front, on fabrique à mille mains ses cheveux un par un, et elle viendra à vous vite, parce qu'elle est faite pour ça, dès les premiers moments, dès qu'elle se sentira prête, cette nouvelle créature, dès qu'elle aura dit "oui".

J'ai si hâte que vous puissiez aussi la rencontrer !






31 oct. 2018

Terre d'oubli - clip officiel


Une chanson pour dire un dernier Au-Revoir, une chanson pour parler aux morts, pour leur dire qu'ils peuvent mourir, qu'on est là, qu'on les aime, qu'on les rejoindra un jour. Le clip est une performance avec Thaë, qui avait à ce moment là 9 ans, et moi. Il a été réalisé par Maya Mihindou. on a été aidées par la fantastique Leïna. toutes les quatre, toute la journée, dans cet endroit sans sol, ensemble. La chanson, c'est ma voix et le violoncelle de Gaspar Claus. On a choisi de le partager pendant ce moment où beaucoup de gens fêtent leurs morts, moment pour envoyer de l'amour par là, vers la terre, vers autour, vers l'endroit d'oubli.






Cette chanson, je l'ai écrite il y a très longtemps, pour dire au-revoir à quelqu'un que j'aimais très fort. Je l'ai écrite juste avant d'aller voir son corps, presque dans la même pièce. Je l'ai écrite pour l'envelopper dans quelque chose d'amour avant de le laisser partir tout à fait. Puis je l'ai chantée au moment de la mise en terre. Plus tard, je l'ai chantée dans d'autres circonstances, et notamment à la fin de chaque concert, pour donner quelque chose aux gens, pour leurs morts aussi, et moi aussi, pour me souvenir. A présent, à présent tu te détaches du temps et tu nous laisses derrière mains d'amis et mains d'amants tu nous laisses derrière mains d'amis et mains d'amants c'est la terre, c'est la terre qui reprend tous ses enfants main de pluie, main de bruyère laisse toi tomber dedans main de pluie, main de bruyère laisse toi tomber dedans donnez-moi la vie entière je ne peux échapper au temps je m'en détacherai fière au jour venu pour longtemps et je laisserai derrière mains d'amis et mains d'amants comme les autres la terre me reprendra au dedans main de pluie, main de bruyère et je tomberai dedans main de pluie main de bruyère et je tomberai dedans c'est la terre, c'est la terre qui reprend tous ses enfants main de pluie, main de bruyère laisse toi tomber dedans main de pluie, main de bruyère laisse-toi tomber dedans laisse-toi tomber dedans

7 oct. 2018

TUP TUP TUP INTERRUPTION DE PROGRAMME TUP TUP TUP


Bonjour ! Nous interrompons notre programme (ututututu, insère ici une petite musique publicitoamicale de circonstance) pour parler des copains, de rock, d'une guitare que tu peux gagner, et d'un jeu rigolo où je me cache.

les copains de Klink Clock (si tu ne connais pas encore, vas vite découvrir leur rock joyeux et sauvage) sortent un nouvel album !!
pour encore quelques jours il y a un cadeau incroyable à gagner : une guitare fabriquée des mains d'Auré (comme si ça suffisait pas d'être fantastiques sur scène, Jennie fabrique des sacs avec sa marque Fantôme où tout est beau à en tomber dans la compote, et Auré est luthier de level ohlalala) .
Et je l'ai essayée, cette fantastique guitare, puisque comme toujours ayant des supers idées dans tous les sens, ils ont décidé de filmer quatorze guitaristes en train de reprendre un riff de leur album.. avec donc cette même guitare à gagner.

Je ne sais pas qui aura le ticket d'or dans l'album et la chance d'avoir ce petit trésor entre les mains mais waou, waou, waou.

C'est le genre de guitare avec laquelle t'as l'impression d'être grimpée sur une moto avec les cheveux dans le vent pour une épopée sauvage, graou graou, avec des lions qui rugissent mais qui sont quand même tes amis et avec qui tu vas manger des champignons grillés au barbecue tout à l'heure. Tu vois.

si tu veux tu peux t'amuser à regarder les quatorze vidéos et à essayer de deviner où je suis et qui sont les autres!! ici je te mets une video avec quelqu'un au hasard mais hein hein t'as compris qu'on était quatorze et qu'il fallait jouersur leur page au qui-est-ce-que-c'est-qui-joue-comme-ça- enfin peut-être que t'as compris, peut-être aussi que t'as une gueule de bois carabinée et que t'es en train de te frotter les yeux avec incrédulité, douleur cranienne, et prière mentale pour que ton chat t'amène un verre d'eau, mais là j'y suis pour rien, enfin il me semble.

bisous et j'espère que t'auras la bonne idée d'acheter leur album et de te retrouver avec la guitare blanche la plus rock du monde entre les bras.

(fin de l'interruption du programme, insère ici la même petite musique mais A LA GUITARE ELECTRIQUE QUI TE DONNE ENVIE DE RUGIR EN SECOUANT TA CRINIÈRE. T'es pas obligée de manger des champignons grillés avec des félidés par la suite, c'est juste mon idée d'un bon dimanche mais chacun sa conception du bonheur. )

4 oct. 2018

EXPO + CONCERT Grenoble / La Tronche


GRENOBLE !!! GRENOBLE!! JE CRIE TON NOM !! je suis venue t'envahir avec un rire diabolomagique dont les échos font trembler les murs de la ville et les jeunes filles aventureuses rêvassant dans leur chambre claire !!

puisque NON SEULEMENT depuis mardi et jusqu'au 20 octobre, vous pouvez voir une exposition de mes dessins à la bibliothèque Le Verbe Etre, à La Tronche, juste à côté de Grenoble,
avec beaucoup de planches de ROUGE ZOMBIE, mais aussi DREAM DE OUF, ma petite série de rêves farfelus ou émouvants dessinés de toutes les couleurs, les partitions peintes (une espèce de météorologie d'amour peinte sur des vieilles partititions trouvées dans la rue) , la bd sur ma guitare volée avec l'histoire qui déborde sur les cadres, les dessins originaux qui sont dans l'EP DORMIR SEULE, les dessins faits pour les niouzléteurs, et plein de petites surprises, disséminées partout, jusque sur les vitres et les murs !
 

MAIS AUSSI , figure toi Grenoble, ville chérie au visage plein de montagnes irrésistibles, que le VENDREDI 19 octobre, je ferai aussi un concert TOUT PRÈS DE TOI OUHOUOUH à la Faïencerie, petit écrin de salle juste à côté, à la Tronche. et juste avant de repartir en faisant claquer ma cape de superhéroine aux pouvoirs largement indéterminés, le 20 au matin si tu veux il y a une rencontre, tu peux venir me poser des questions ou me raconter ta life et te faire dédicacer ton album ou dessiner sur des affiches / des cartes postales / ton tshirt/ ton animal de compagnie (avec son accord express) .

BISOUS GRENOBLE et tu viens, dis ???








25 sept. 2018

Tout perdre


Voici quelques photos du concert de samedi dernier au Chant des Moutons, par Elidega , merci pour tous ces fabuleux souvenirs !!!








Pour celleux qui me suivent aussi sur instagram vous remarquerez que je portais la FABULEUSE COMBI rouge qu'on m'a volée aujourd'hui.

Pour les autres, je vous laisse imaginer une sombre mais vaguement romantique histoire de lavomatique, et d'une personne un peu décontractée de la nouille au niveau de pas vraiment rester dans le lavomatique à regarder la machine tourner, qui ensuite se met à faire des blagues sur internet en criant pourquoi pourquoi. 




en fait,

j'étais ces jours-ci en train d'apprendre à perdre des choses, à accepter tout ce qui changeait.
C'est difficile de perdre des choses, on croit qu'on n'aura plus d'équilibre, on croit qu'on va tomber, manquer de ça, et de tout à la fois.

C'est sans doute une chose très simple, comme la plupart des choses qu'on met si longtemps à apprendre, mais ces derniers jours j'ai fini d'apprendre quelque chose qui m'occupait depuis des années : perdre une chose détestée. J'avais fini par apprendre à quel point on s'y attache, littéralement, aux choses qu'on déteste.

Je me suis débattue, j'ai crié, j'ai creusé, j'ai écrit et chanté beaucoup, et puis je me suis éloignée, et puis j'ai appris le pardon, c'était difficile, et puis j'ai dénoué les attaches, et puis il n'en restait plus qu'une, et puis celle là aussi, je l'ai laissée partir.

C'était il y a quelques jours à peine.


aujourd'hui, j'ai aussi donc perdu cet habit que j'aimais beaucoup. Comparé au reste de ce que j'avais appris à perdre, ce n'était rien, rien du tout.

 J'ai mis une affiche, et puis je suis rentrée dans ma maison, et je me suis pris comme une vague en pleine figure, cette certitude de la présence de tout ce que j'aimais, et qui était encore là, dans ma vie, toutes ces choses, tous ces gens, toutes ces histoires, tous ces amours, toute cette maison, et puis tout vous, je sais pas comment dire mais tout ce lien, avec vous, que je rencontre après les concerts ou qui m'écrivez ou qui ne dites rien, qui écoutez, regardez, m'encouragez, et puis tous ces instruments, toutes ces chansons, existantes et pas perdues et aimées si fort, paf, la conscience de toutes ces choses importantes, et pas perdues du tout, que ça c'était bien là, bien là, me rappeler de ça, cette chance là, cette joie là, tout ça comme une vague, en pleine figure.


quelque part ça m'a paru logique, de m'être fait voler mes affaires et mes vêtements, juste là, maintenant, après avoir fini d'apprendre à perdre, à changer. C'était , comment dire, pas très grave, et important à la fois, voilà.



23 sept. 2018

Merci beaucoup Le Chant des moutons !



pour cet accueil à bras ouverts, la nuit avec le vent chaud, la lumière douce, les miaulements des petits chats, les moutons tout près, merci pour ce rêve raconté, tenu depuis longtemps et devenu une grange abritant concerts, cuisine maison, et, les jours de chance, une chauve souris, merci de m'avoir invitée à promener mes chansons et mes sortilèges dans cet abri de bois et de couleurs ! 


sur cette image, une créature avant de monter sur scène, qui abdique tout honneur numérique et décide de prendre un selfie avec un mouton,  et une autre qui a l'air de penser qu'elle n'a jamais donné son autorisation pour apparaitre sur ce site.


Merci à tous ceux qui sont venus, ceux qui découvraient, ceux qui revenaient, ceux qui étaient même à la Fête de l'Huma et qui en voulaient encore ! j'ai chanté presque vingt chansons, chacune contenant des détours, des promesses, des trésors déterrés, des choses qu'on laisse exister autour, dedans, à travers, et c'est vraiment comme se mettre à nu, comme se laisser voir, comme préparer un cadeau sans savoir s'il sera reçu ni compris, mais en espérant très fort. Merci, merci, de l'avoir si bien reçu, si bien attrapé. Au deuxième rappel, j'ai chanté ma drôle de version de Suzanne, encore secouée des vagues de la tristesse de la mort de Léonard Cohen, et puis je suis descendue, petits pieds nus, décrocher les roses de mon revers pour les égréner pas à pas, en chantant la dernière chanson, les derniers mots, la chanson d'après, la chanson qui traverse, celle qui est aussi et d'abord pour l'autre bord. 
 

Le vent soufflait fort, on l'entendait à travers le toit, vent chaud revenu de loin, calmé maintenant après avoir hurlé beaucoup, il y a longtemps. A présent, à présent.. les mots de la chanson, les pétales sur le sol, et puis plus tard, la nuit près des herbes, le vent enveloppant, et ce mot écrit sur l'ardoise, d'une des enfants, qui prêtait sa chambre. Le matin, tous nous ont dit au revoir, à Tibô (qui s'occupe du son, et de la régie) et à moi (qui m'occupe de raconter des trucs dans le micro): trois enfants aux bouilles qu'on voudrait mordre, un chien, un chat, un hamster, Mika et Marielle, épuisés et accueillants et heureux, et un rêve devenu une grange vivante, au-revoir, au-revoir tout ça, c'était bien de vous rencontrer tous !




Merci encore à tous ceux qui sont venus, petits yeux attentifs et brillants dans le noir, histoires de joie, de secousses, ou d'intimes, confiés au creux de l'oreille, petits mots dans les albums, poèmes dans mes poches, et même quelqu'un qui a pris un deuxième album en plus du sien, pour le cacher quelque part, pour que quelqu'un le trouve, au hasard.

Merci, merci tous, je zigzague, aujourd'hui, remplie de tout ça. J'ai retrouvé l'appartement, mon chat qui passe tous les jours son diplôme de clown, et Paris calme sous le même vent chaud. C'est la fatigue, et les souvenirs de la nuit, qui me remplissent, des regards des moutons, des petits chats de trois semaines qui se sont enfuis quand je les ai trouvés ce matin, la mère me faisant face, pas agressive, mais questionnante: qui es tu, qu'est ce que tu veux, elle disait, avec ses yeux.
et moi, je pensais : continuer comme ça, à faire des chansons, à ce qu'elles soient reçues, à rencontrer des créatures toutes plus étranges, douces et attachantes les unes que les autres.

à bientôt, bientôt, Montcorbon !



21 sept. 2018

A demain à Montcorbon !

C'EST DEMAIN
à Montcorbon (45)
c'est une petite salle de bois,
avec des guirlandes colorées

j'ai encore préparé des surprises

sur le site ils disent des choses si gentilles que je rougis

c'est pas très loin de Paris, Montcorbon,
peut-être une heure ou deux,
mais dans ma tête aller faire un concert
c'est toujours quelque chose à la fois comme
monter dans un vaisseau spatial
et inviter tout le monde dans le secret de ma chambre

alors à demain
Montcorbon
dans le cosmos et
dans ma chambre ou la vôtre

quelque part dans la nuit en tout cas

je vais chanter des choses en rougissant,
je vous préviens
à
demain


"Pour cette avant-dernière date du Festival « Revenons à nos moutons », nous accueillons un de nos ENORMES Coup de Coeur de ces trois (voire 4 ou 5) dernières années. Camille Hardouin vous cueille par sa sensibilité et les émotions qu’elle délivre. Un concert intime et intimiste à ne louper sous aucun prétexte!!!"

Souvenir de la fête de l'Huma


Fête de l'Huma, 2018
quelques secondes après ce fou pari de performance finale,
avec Maya Mihindou
merci infiniment à Stéphane Burlot d'avoir capturé ce moment !

et merci encore au Zébrock , à la Fête de l'Huma, 

et à Louise, Gisèle, Tibô,
ainsi que Yasmine, Just Looking, et tous ceux qui sont venus nous écouter dans ce moment si fort !

18 sept. 2018

la playlist Rocknfool !


Super heureuse d'être dans la "playlist pour bien commencer la semaine" par Rocknfool , en ultra-cool compagnie.

 Je suis moi-même en train de l'écouter en sautillant et en chantant à tue-tête alternativement MERCI ROCKNFOOL et BONNE SEMAINE À TOUS, et je vous engage évidemment à faire de même. Sautiller en hurlant des trucs à tue-tête c'est une EXCELLENTE FAÇON de commencer la semaine, surtout avec une fantastique playlist.

HOP, Merci Rocknfool, HOP HOP, merci les HOP sautillements, et HOP merci vous !

Cliclic ici pour écouter la playlist en sautillant


12 sept. 2018

PROCHAINS CONCERTS !

Voici les prochains concerts et évènements !


2019
                                                   
14 Février               Château Rouge / Annemasse (74) + Melissmell                  trio
15 Février               Château Rouge / Annemasse (74)  + Melissmell                 trio
16 Février               Château Rouge / Annemasse (74)  + Melissmell                 trio
15 Mars                  MPT /  Beaucourt (90)                                                          trio
21 Mars                  MJC / Palaiseau (91)                                                             solo
23 Mars                   Le Channel  / Calais (59)                                                     trio
26 Mars                  Centre culturel / Le Blanc (36) -                                           trio
29 Mars                  Festival Chantons sous les Pins / Gaas (40)                         trio
2 Avril                    Centre Culturel / Thionville (57)                                          trio
5 Avril                    Festival Chanson / Bourg La Reine (92)
26 Mai                   La Comédie Odéon / Lyon (69) 1ère partie de Buridane   solo
31 Mai                    concert chez l'habitant / Vendenheim (67)                           solo
01 Juin                    Centre culturel / Vendenheim (67)                                       trio
06 Juin                     Théâtre Thénardier / Montreuil (93)                                    solo
27 Juillet                  festival de Mourèze/ Mourèze (34)                            concert spécial !


 ( cet article est remis à jour régulièrement )