8 nov. 2018

le 15 décembre à la Philharmonie !


Cher tous,
j'ai une nouvelle exceptionnelle
le merveilleux musicien Gaspar Claus réunit de nombreux artistes alchimistes de la musique pour un concert exceptionnel à la Philarmonie
j'ai l'honneur fou d'y participer
et c'est avec trois révérences, des yeux pétillants et de nombreux gloussements que je vous invite à réserver dès aujourd'hui
ça n'arrivera qu'une seule fois
et c'est le 15 Décembre, à la Philharmonie de Paris

on mélangera toutes nos sorcelleries
sur une seule scène
si vous aimez les surprises, les paris fous, la musique solaire ou lunaire
la musique de constellations
c'est ce soir là
qu'il faut mettre un manteau et vous glisser dans la salle

chaque fois que je vois Gaspar c'est un tourbillon fou,
quelque chose de serein et puissant, comme un phénomène astrologique
ce jour là, on va monter sur scène ensemble
alors j'ai envie de tomber par terre de joie rien que d'y penser
de tomber à l'envers
c'est à dire
de
m'envoler
de joie

et non seulement ça mais
avec aussi
plein d'autres musicien.nes

ce que je connais d'eux suffit à me tenir éveillée la nuit en souriant

alors voila
quand je dis que j'ai l'honneur fou d'y participer
je dis honneur fou
comme dans "amour fou", par exemple

ça s'appelle One Night Stand
comme un coup d'un soir
excitant
frissonnant
troublant
on vous donne rendez vous le 15 Décembre

et dans le lit
il y a
Gaspar Claus
Ambeyance
Bachar Mar-Khalife
Borja Flames
David Chalmin
Joakim
Juliette Gelli~
Katerina Fotinaki
LAURE BRISA
Ojard
Peter von Poehl
Sébastien Forrester
et moi

mettez votre plus belle cape
ou même rien du tout
juste des chaussures et un sourire
et rejoignez-nous

5 nov. 2018

merci La Bouche d'air ! / Nouveau spectacle !


la semaine dernière nous étions en résidence à Nantes ! Ce fut un engloutissement dans la Bouche d'air, engloutissement dans l'accueil de son équipe fantastique,  dans ses possibilités sonores, dans ses repas en forme de festins infinis, ce qui faisait qu'en nous engloutissant dans la Bouche d'air nous l'avons aussi engloutie dans notre propre bouche morceau à morceau, en nous léchant les babines.

 crédit photos : Maëla Mainguy

On a fabriqué un nouveau spectacle. il était temps, tout le disait. Mais ça m'a surprise quand même. Des nouvelles chansons, une nouvelle ambiance, des nouvelles couleurs, des nouvelles énergies sur scène aussi. C'est toujours si surprenant quand quelque chose qui flotte quelque part dans ta tête, non seulement s'harmonise avec ce qu'il y a dans la tête des autres, mais aussi, grâce à l'action de toutes ces mains, grâce au pouvoir hypnotique de tous ces rêves, se met à exister dans la réalité. 



Ce n'est pas fini, il reste plein de travail, mais quand-même : c'est le début d'un nouveau moment. C'était aussi si important parce qu'on l'a joué une fois, ce spectacle tout jeune encore, presque pas sorti du ventre, pour quelques promeneurs égarés du vendredi après midi, et qu'en leur donnant on se l'est donné à nous-mêmes, et j'entendais résonner pour la première fois ensembles, dans la couleur qui m'obsédait et me semblait la leur, ces chansons qui appartiennent pour moi à une autre période, même si l'une ou l'autre étaient déjà venues hanter la scène, au fur et à mesure de leurs apparitions. 




Merci donc à la Bouche d'air, André, Magali, Richard, Katia, Panda, Stéphane, Maela, de leur invitation, de leur confiance, de cet accueil incroyable, merci à Tibô qui a permis avec patience aux chansons de faire leurs premiers pas dans un écrin tellement confortable et ciselé, parfait pour les guider attentivement, merci profond à Louise de son écoute et de ses propositions fortes et instinctives, de son envie constante de grandir son souffle, d'apprendre, de donner avec justesse, merci joyeux à Jean-Laurent et ses courses sonores de chien fou dans la savane musicale, sa sincérité, ses alchimies savantes et simples à la fois qui sont comme une petite rivière sur laquelle se promener, avec ses virages surprises, merci à Maya, entrée avec autant de grâce que possible dans notre monde ouvert et construit cette fois avec et autour d'elle, des miracles partout dans les poches, dans les mains, sur la peau, et me contagiant avec eux, comme chaque fois.
Merci Lionel, Alex, Just Looking d'avoir rendu ce travail possible.
Merci Zino, Emilie, Augustine, Eugénie, Matthieu, Benoit, qui ont rôdé autour de la semaine, et l'ont colorée de leur présence bienveillante. 



Les photos sont quelques traces de la semaine, le ventre ouvert en plein jour, les rouages exposés, nos visages silencieux et concentrés pour comprendre le puzzle invisible qui se mettait peu à peu en place. Elles ont été attrapées par Maela, merci !



et bienvenue à cette nouvelle chose qui commence tout juste à exister, qu'on vous montrera dès qu'elle se sentira prête, promis, je l'écoute très fort, je tisse ses pieds ses genoux les cellules de ses joues et son front, on fabrique à mille mains ses cheveux un par un, et elle viendra à vous vite, parce qu'elle est faite pour ça, dès les premiers moments, dès qu'elle se sentira prête, cette nouvelle créature, dès qu'elle aura dit "oui".

J'ai si hâte que vous puissiez aussi la rencontrer !






31 oct. 2018

Terre d'oubli - clip officiel


Une chanson pour dire un dernier Au-Revoir, une chanson pour parler aux morts, pour leur dire qu'ils peuvent mourir, qu'on est là, qu'on les aime, qu'on les rejoindra un jour. Le clip est une performance avec Thaë, qui avait à ce moment là 9 ans, et moi. Il a été réalisé par Maya Mihindou. on a été aidées par la fantastique Leïna. toutes les quatre, toute la journée, dans cet endroit sans sol, ensemble. La chanson, c'est ma voix et le violoncelle de Gaspar Claus. On a choisi de le partager pendant ce moment où beaucoup de gens fêtent leurs morts, moment pour envoyer de l'amour par là, vers la terre, vers autour, vers l'endroit d'oubli.






Cette chanson, je l'ai écrite il y a très longtemps, pour dire au-revoir à quelqu'un que j'aimais très fort. Je l'ai écrite juste avant d'aller voir son corps, presque dans la même pièce. Je l'ai écrite pour l'envelopper dans quelque chose d'amour avant de le laisser partir tout à fait. Puis je l'ai chantée au moment de la mise en terre. Plus tard, je l'ai chantée dans d'autres circonstances, et notamment à la fin de chaque concert, pour donner quelque chose aux gens, pour leurs morts aussi, et moi aussi, pour me souvenir. A présent, à présent tu te détaches du temps et tu nous laisses derrière mains d'amis et mains d'amants tu nous laisses derrière mains d'amis et mains d'amants c'est la terre, c'est la terre qui reprend tous ses enfants main de pluie, main de bruyère laisse toi tomber dedans main de pluie, main de bruyère laisse toi tomber dedans donnez-moi la vie entière je ne peux échapper au temps je m'en détacherai fière au jour venu pour longtemps et je laisserai derrière mains d'amis et mains d'amants comme les autres la terre me reprendra au dedans main de pluie, main de bruyère et je tomberai dedans main de pluie main de bruyère et je tomberai dedans c'est la terre, c'est la terre qui reprend tous ses enfants main de pluie, main de bruyère laisse toi tomber dedans main de pluie, main de bruyère laisse-toi tomber dedans laisse-toi tomber dedans

7 oct. 2018

TUP TUP TUP INTERRUPTION DE PROGRAMME TUP TUP TUP


Bonjour ! Nous interrompons notre programme (ututututu, insère ici une petite musique publicitoamicale de circonstance) pour parler des copains, de rock, d'une guitare que tu peux gagner, et d'un jeu rigolo où je me cache.

les copains de Klink Clock (si tu ne connais pas encore, vas vite découvrir leur rock joyeux et sauvage) sortent un nouvel album !!
pour encore quelques jours il y a un cadeau incroyable à gagner : une guitare fabriquée des mains d'Auré (comme si ça suffisait pas d'être fantastiques sur scène, Jennie fabrique des sacs avec sa marque Fantôme où tout est beau à en tomber dans la compote, et Auré est luthier de level ohlalala) .
Et je l'ai essayée, cette fantastique guitare, puisque comme toujours ayant des supers idées dans tous les sens, ils ont décidé de filmer quatorze guitaristes en train de reprendre un riff de leur album.. avec donc cette même guitare à gagner.

Je ne sais pas qui aura le ticket d'or dans l'album et la chance d'avoir ce petit trésor entre les mains mais waou, waou, waou.

C'est le genre de guitare avec laquelle t'as l'impression d'être grimpée sur une moto avec les cheveux dans le vent pour une épopée sauvage, graou graou, avec des lions qui rugissent mais qui sont quand même tes amis et avec qui tu vas manger des champignons grillés au barbecue tout à l'heure. Tu vois.

si tu veux tu peux t'amuser à regarder les quatorze vidéos et à essayer de deviner où je suis et qui sont les autres!! ici je te mets une video avec quelqu'un au hasard mais hein hein t'as compris qu'on était quatorze et qu'il fallait jouersur leur page au qui-est-ce-que-c'est-qui-joue-comme-ça- enfin peut-être que t'as compris, peut-être aussi que t'as une gueule de bois carabinée et que t'es en train de te frotter les yeux avec incrédulité, douleur cranienne, et prière mentale pour que ton chat t'amène un verre d'eau, mais là j'y suis pour rien, enfin il me semble.

bisous et j'espère que t'auras la bonne idée d'acheter leur album et de te retrouver avec la guitare blanche la plus rock du monde entre les bras.

(fin de l'interruption du programme, insère ici la même petite musique mais A LA GUITARE ELECTRIQUE QUI TE DONNE ENVIE DE RUGIR EN SECOUANT TA CRINIÈRE. T'es pas obligée de manger des champignons grillés avec des félidés par la suite, c'est juste mon idée d'un bon dimanche mais chacun sa conception du bonheur. )

4 oct. 2018

EXPO + CONCERT Grenoble / La Tronche


GRENOBLE !!! GRENOBLE!! JE CRIE TON NOM !! je suis venue t'envahir avec un rire diabolomagique dont les échos font trembler les murs de la ville et les jeunes filles aventureuses rêvassant dans leur chambre claire !!

puisque NON SEULEMENT depuis mardi et jusqu'au 20 octobre, vous pouvez voir une exposition de mes dessins à la bibliothèque Le Verbe Etre, à La Tronche, juste à côté de Grenoble,
avec beaucoup de planches de ROUGE ZOMBIE, mais aussi DREAM DE OUF, ma petite série de rêves farfelus ou émouvants dessinés de toutes les couleurs, les partitions peintes (une espèce de météorologie d'amour peinte sur des vieilles partititions trouvées dans la rue) , la bd sur ma guitare volée avec l'histoire qui déborde sur les cadres, les dessins originaux qui sont dans l'EP DORMIR SEULE, les dessins faits pour les niouzléteurs, et plein de petites surprises, disséminées partout, jusque sur les vitres et les murs !
 

MAIS AUSSI , figure toi Grenoble, ville chérie au visage plein de montagnes irrésistibles, que le VENDREDI 19 octobre, je ferai aussi un concert TOUT PRÈS DE TOI OUHOUOUH à la Faïencerie, petit écrin de salle juste à côté, à la Tronche. et juste avant de repartir en faisant claquer ma cape de superhéroine aux pouvoirs largement indéterminés, le 20 au matin si tu veux il y a une rencontre, tu peux venir me poser des questions ou me raconter ta life et te faire dédicacer ton album ou dessiner sur des affiches / des cartes postales / ton tshirt/ ton animal de compagnie (avec son accord express) .

BISOUS GRENOBLE et tu viens, dis ???








25 sept. 2018

Tout perdre


Voici quelques photos du concert de samedi dernier au Chant des Moutons, par Elidega , merci pour tous ces fabuleux souvenirs !!!








Pour celleux qui me suivent aussi sur instagram vous remarquerez que je portais la FABULEUSE COMBI rouge qu'on m'a volée aujourd'hui.

Pour les autres, je vous laisse imaginer une sombre mais vaguement romantique histoire de lavomatique, et d'une personne un peu décontractée de la nouille au niveau de pas vraiment rester dans le lavomatique à regarder la machine tourner, qui ensuite se met à faire des blagues sur internet en criant pourquoi pourquoi. 




en fait,

j'étais ces jours-ci en train d'apprendre à perdre des choses, à accepter tout ce qui changeait.
C'est difficile de perdre des choses, on croit qu'on n'aura plus d'équilibre, on croit qu'on va tomber, manquer de ça, et de tout à la fois.

C'est sans doute une chose très simple, comme la plupart des choses qu'on met si longtemps à apprendre, mais ces derniers jours j'ai fini d'apprendre quelque chose qui m'occupait depuis des années : perdre une chose détestée. J'avais fini par apprendre à quel point on s'y attache, littéralement, aux choses qu'on déteste.

Je me suis débattue, j'ai crié, j'ai creusé, j'ai écrit et chanté beaucoup, et puis je me suis éloignée, et puis j'ai appris le pardon, c'était difficile, et puis j'ai dénoué les attaches, et puis il n'en restait plus qu'une, et puis celle là aussi, je l'ai laissée partir.

C'était il y a quelques jours à peine.


aujourd'hui, j'ai aussi donc perdu cet habit que j'aimais beaucoup. Comparé au reste de ce que j'avais appris à perdre, ce n'était rien, rien du tout.

 J'ai mis une affiche, et puis je suis rentrée dans ma maison, et je me suis pris comme une vague en pleine figure, cette certitude de la présence de tout ce que j'aimais, et qui était encore là, dans ma vie, toutes ces choses, tous ces gens, toutes ces histoires, tous ces amours, toute cette maison, et puis tout vous, je sais pas comment dire mais tout ce lien, avec vous, que je rencontre après les concerts ou qui m'écrivez ou qui ne dites rien, qui écoutez, regardez, m'encouragez, et puis tous ces instruments, toutes ces chansons, existantes et pas perdues et aimées si fort, paf, la conscience de toutes ces choses importantes, et pas perdues du tout, que ça c'était bien là, bien là, me rappeler de ça, cette chance là, cette joie là, tout ça comme une vague, en pleine figure.


quelque part ça m'a paru logique, de m'être fait voler mes affaires et mes vêtements, juste là, maintenant, après avoir fini d'apprendre à perdre, à changer. C'était , comment dire, pas très grave, et important à la fois, voilà.



23 sept. 2018

Merci beaucoup Le Chant des moutons !



pour cet accueil à bras ouverts, la nuit avec le vent chaud, la lumière douce, les miaulements des petits chats, les moutons tout près, merci pour ce rêve raconté, tenu depuis longtemps et devenu une grange abritant concerts, cuisine maison, et, les jours de chance, une chauve souris, merci de m'avoir invitée à promener mes chansons et mes sortilèges dans cet abri de bois et de couleurs ! 


sur cette image, une créature avant de monter sur scène, qui abdique tout honneur numérique et décide de prendre un selfie avec un mouton,  et une autre qui a l'air de penser qu'elle n'a jamais donné son autorisation pour apparaitre sur ce site.


Merci à tous ceux qui sont venus, ceux qui découvraient, ceux qui revenaient, ceux qui étaient même à la Fête de l'Huma et qui en voulaient encore ! j'ai chanté presque vingt chansons, chacune contenant des détours, des promesses, des trésors déterrés, des choses qu'on laisse exister autour, dedans, à travers, et c'est vraiment comme se mettre à nu, comme se laisser voir, comme préparer un cadeau sans savoir s'il sera reçu ni compris, mais en espérant très fort. Merci, merci, de l'avoir si bien reçu, si bien attrapé. Au deuxième rappel, j'ai chanté ma drôle de version de Suzanne, encore secouée des vagues de la tristesse de la mort de Léonard Cohen, et puis je suis descendue, petits pieds nus, décrocher les roses de mon revers pour les égréner pas à pas, en chantant la dernière chanson, les derniers mots, la chanson d'après, la chanson qui traverse, celle qui est aussi et d'abord pour l'autre bord. 
 

Le vent soufflait fort, on l'entendait à travers le toit, vent chaud revenu de loin, calmé maintenant après avoir hurlé beaucoup, il y a longtemps. A présent, à présent.. les mots de la chanson, les pétales sur le sol, et puis plus tard, la nuit près des herbes, le vent enveloppant, et ce mot écrit sur l'ardoise, d'une des enfants, qui prêtait sa chambre. Le matin, tous nous ont dit au revoir, à Tibô (qui s'occupe du son, et de la régie) et à moi (qui m'occupe de raconter des trucs dans le micro): trois enfants aux bouilles qu'on voudrait mordre, un chien, un chat, un hamster, Mika et Marielle, épuisés et accueillants et heureux, et un rêve devenu une grange vivante, au-revoir, au-revoir tout ça, c'était bien de vous rencontrer tous !




Merci encore à tous ceux qui sont venus, petits yeux attentifs et brillants dans le noir, histoires de joie, de secousses, ou d'intimes, confiés au creux de l'oreille, petits mots dans les albums, poèmes dans mes poches, et même quelqu'un qui a pris un deuxième album en plus du sien, pour le cacher quelque part, pour que quelqu'un le trouve, au hasard.

Merci, merci tous, je zigzague, aujourd'hui, remplie de tout ça. J'ai retrouvé l'appartement, mon chat qui passe tous les jours son diplôme de clown, et Paris calme sous le même vent chaud. C'est la fatigue, et les souvenirs de la nuit, qui me remplissent, des regards des moutons, des petits chats de trois semaines qui se sont enfuis quand je les ai trouvés ce matin, la mère me faisant face, pas agressive, mais questionnante: qui es tu, qu'est ce que tu veux, elle disait, avec ses yeux.
et moi, je pensais : continuer comme ça, à faire des chansons, à ce qu'elles soient reçues, à rencontrer des créatures toutes plus étranges, douces et attachantes les unes que les autres.

à bientôt, bientôt, Montcorbon !



21 sept. 2018

A demain à Montcorbon !

C'EST DEMAIN
à Montcorbon (45)
c'est une petite salle de bois,
avec des guirlandes colorées

j'ai encore préparé des surprises

sur le site ils disent des choses si gentilles que je rougis

c'est pas très loin de Paris, Montcorbon,
peut-être une heure ou deux,
mais dans ma tête aller faire un concert
c'est toujours quelque chose à la fois comme
monter dans un vaisseau spatial
et inviter tout le monde dans le secret de ma chambre

alors à demain
Montcorbon
dans le cosmos et
dans ma chambre ou la vôtre

quelque part dans la nuit en tout cas

je vais chanter des choses en rougissant,
je vous préviens
à
demain


"Pour cette avant-dernière date du Festival « Revenons à nos moutons », nous accueillons un de nos ENORMES Coup de Coeur de ces trois (voire 4 ou 5) dernières années. Camille Hardouin vous cueille par sa sensibilité et les émotions qu’elle délivre. Un concert intime et intimiste à ne louper sous aucun prétexte!!!"

Souvenir de la fête de l'Huma


Fête de l'Huma, 2018
quelques secondes après ce fou pari de performance finale,
avec Maya Mihindou
merci infiniment à Stéphane Burlot d'avoir capturé ce moment !

et merci encore au Zébrock , à la Fête de l'Huma, 

et à Louise, Gisèle, Tibô,
ainsi que Yasmine, Just Looking, et tous ceux qui sont venus nous écouter dans ce moment si fort !

18 sept. 2018

la playlist Rocknfool !


Super heureuse d'être dans la "playlist pour bien commencer la semaine" par Rocknfool , en ultra-cool compagnie.

 Je suis moi-même en train de l'écouter en sautillant et en chantant à tue-tête alternativement MERCI ROCKNFOOL et BONNE SEMAINE À TOUS, et je vous engage évidemment à faire de même. Sautiller en hurlant des trucs à tue-tête c'est une EXCELLENTE FAÇON de commencer la semaine, surtout avec une fantastique playlist.

HOP, Merci Rocknfool, HOP HOP, merci les HOP sautillements, et HOP merci vous !

Cliclic ici pour écouter la playlist en sautillant


12 sept. 2018

PROCHAINS CONCERTS !

Voici les prochains concerts et évènements !




2018

15 Septembre        Fête de l'Huma  / La Courneuve (93)                          Concert + surprises
22 Septembre         Festival Chant des Moutons / Montcorbon (45)           Concert solo
2 au 19 octobre      Bibliothèque "Le Verbe Être" / La Tronche (38)           Exposition
19 octobre               La Faïencerie / La Tronche (38)                                   Concert en trio
20 octobre (matin)   La Faïencerie / La Tronche (38)                                  Rencontre/dédicace
29 Novembre   Festival Charabia / Reims (51) 1ère partie de Dominique A  Concert solo

2019
                                                   
08 Février               MJC / Ungersheim (68)                                           Concert en trio
14 Février               Château Rouge / Annemasse (74)                            Concert en trio
15 Février               Château Rouge / Annemasse (74)                            Concert en trio
16 Février               Château Rouge / Annemasse (74)                            Concert en trio
15 Mars                  MPT /  Beaucourt (90)                                              Concert en trio
21 Mars                  MJC / Palaiseau (91)                                                 Concert solo
23 Mars                   Le Channel  / Calais (59)                                         Concert en trio
26 Mars                  Centre culturel / Le Blanc (36) -                               Concert en trio
29 Mars                  Festival Chantons sous les Pins / Gaas (40)              Concert en trio
2 Avril                    Centre Culturel / Thionville (57)                               Concert en trio

26 Mai                   La Comédie Odéon / Lyon (69) 1ère partie de Buridane  Concert solo
31 Mai                    concert chez l'habitant / Vendenheim (67)               Concert solo
01 Juin                    Centre culturel / Vendenheim (67)                           Concert trio

 ( cet article est remis à jour régulièrement )

11 sept. 2018

LE CASQUE ANTI-BRUIT

Un petit texte à propos de la peau, de l'absence, des objets qui chuchotent, des tractopelles, et de marcher dans la ville quand elle devient soudain silencieuse. (aussi dans un élan de romantisme capillaire, j'ai colorié mes cheveux couleur COUCHER DE SOLEIL)

3 août 2018

4 aout - Concert au Chateau de la Roche

L'été m'apprend tellement de choses
à respirer à oublier
à augmenter la densité de mes cellules
à remplir chaque millimètre de moi-même
à ne plus avoir peur des grosses araignées paresseuses
à me mettre nue au milieu des arbres
à rendre la honte à ceux qui l'ont créée
à comprendre l'eau du lac, du tuyau, de la rivière
à reprendre mes souterrains et mes secrets

tellement de choses ont commencé à naître
moi aussi je me sens naître
sous le soleil étalé ,
journées brûlantes, liquides, tissu qu'on attrape par le haut pour retrouver la fraîcheur du soir
hurlements de cigales dont on retrouve partout les chrysalides accrochées
fées sorties de terre, aux yeux de monstres

je me transforme en beaucoup de facettes de moi-même
et chacune ouvre un domaine dans lequel je peux ensuite me promener en permanence

ces jours-ci
je redeviens musicienne
on enregistre, on tâtonne on explore
chez Louise, à la campagne
il n'y a pas de réseau,
à la place
il y a une maison aux épais murs de pierre, un lac, un saule pleureur
et un chien qui est un énorme amas de poils avec au milieu, deux yeux noisettes, adorateurs,
enthousiastes de chaque chose possible

demain-samedi
je donne un concert
près d'un château
au milieu du fleuve
c'est à 19h
avec Louise et JL, avec leurs
milliers de paysages dans les doigts
et puis
j'amène avec moi les échos du lac, de la rivière, des cigales
et de l'amour au milieu des arbres

à Saint Priest la Roche
près de Lyon, de Roanne
le château est juste au milieu du fleuve
le concert aussi
et mes chansons
se préparent , lissent leurs ailes
moi, comme les cigales
je regarde mon ventre sorti de terre
et je me réjouis
qu'il se mette à chanter

vous venez?

25 juin 2018

Le Cancre Rabelaisien


Il y a quelques mois, je trainais mes chaussettes jusqu'au lycée Rabelais de Saint Brieuc pour une journée de rencontres et un mini-concert.
J'ai reçu il y a quelques jours ce magazine épatant, réalisé par les lycéennes, qui contient une longue et chouette interview, et on m'a même demandé de recommander des livres, films, artistes visuels pour le dossier culture. Elles ont aussi décidé d'inclure un dossier sur le féminisme et le sexisme, même un passage sur le spécisme, et puis on y trouve plein d'autres choses, dont des chroniques , et une interview du super duo rock impressiono-déliro-complètement carré-que tu finis par être tout rond- Ropoporose.
quand je pense que j'ai mangé une crêpe salée ce midi qui n'était même pas une galette, je me sens carrément honteuse. Merci donc, Bretagne, pour ta gastronomie que j'ai pourtant bafouée sans scrupules, et pour tes lycées, visiblement farcis de personnes curieuses, attentives, et douées comme tout.
et Merci surtout, un merci multicolore, impressionné, à toutes les personnes qui ont rédigé ce fabuleux numéro.



  ça m'a posé plein de questions, ce magazine. Des choses qui m'ont tellement enthousiasmée, des choses que j'aurais formulées différemment, des trucs que j'ai trouvés super courageux, d'autres où je me demandais si j'étais d'accord. C'est toujours le cas quand on remet des choses en cause, quand on glisse un orteil ou un mille pattes dans le plat.
Quand le plat est pas bon, bien-sûr qu'il faut mettre des mille pattes dedans, je me suis dit. Bravo les rédactrices, pour ça.

Je suis tellement contente, qu'il se passe ça, dans un lycée, des articles sur le sexisme, sur le genre, sur l'antispécisme. Que ça vienne poser des questions, remuer, tant mieux, tant mieux.
Bisou à vous aussi qui aurez envie de plonger et de lire ce petit numéro, où je parle joyeusement du langage et de la musique comme d'une chose contagieuse, se frotter au langage des autres, attraper avec joie, volontairement, le rythme et le vocabulaire des autres, comme des petits parasites réjouissants.

J'y parle, entre autres, de Blaise Cendrars en faisant semblant que c'est lui qui m'a refilé cette honteuse maladie de faire des phrases interminables qui durent tout un chapitre, de Gaston Miron, en niant toute responsabilité pour mes métaphores amoureuses aquatiques, et de mon langage, petite bestiole indomptable à qui j'ai coupé la laisse il y a des années, et que je regarde courir en ayant brûlé le numéro du toiletteur, parce que je trouve les phrases bien plus belles quand elles courent n'importe où en jappant et en se roulant dans l'herbe, la langue pendante.

ici cliclic pour lire tout ça 

7 juin 2018

JE COMPRENDS LES OISEAUX

Je suis en train de tomber en amour
et c'est une chute tellement, tellement libre

3 juin 2018

MERCI CORNEBARRIEU !



pour la toute nouvelle salle de l'Aria c'était la première saison, et on venait en faire le tout dernier concert. Un honneur qu'on a fêté, outre le concert, à grands coups de tiramisu nuageux, de pasta entortillées, de soupe jaune d'or, de fromages répandus.

Toujours quand on joue une fois comme ça c'est comme si on avait pris de l'élan et qu'on voulait jouer mille fois ensuite, mais on rentre à la maison, avec dans les oreilles encore les échos des croassements au bord de la salle, des centaines de grenouilles invisibles,
et puis les applaudissements, les secrets de chaque chanson, les petites danses des pieds sur la scène, les histoires surgies de ma bouche qui traduisait tout comme si je parlais dans une langue étrangère, sans doute parce qu'en ce moment j'ai la tête tellement dans les nuages que j'ai l'impression d'avoir changé de planète, ou plutôt que la planète entière me parait avoir changé, ou plutôt que je la vois mieux, plus calmement et plus radieusement. C'était aussi un concert avec des virages surprises;



au deuxième rappel quelqu'un a demandé la Bergère d'Oubli
on ne l'avait pas jouée depuis si longtemps,
alors on a tout débranché, on s'est assis au bord de la scène
avec la clarinette toute nue, la voix toute nue, la guitare qui venait seulement de l'ampli au loin,
je racontais, la guitare de JL entre les bras,
Louise s'est élevée doucement à la clarinette
JL tordait et redéposait les mélodies dans la rivière de notes qui s'épaississait.
A la fin de la chanson, il est descendu de scène pour jouer sur sa guitare avec moi,
petites plaintes surgies, berceuses d'animaux sous marins entendues au loin
avec la clarinette qui chantait toujours
et la Bergère qui dépliait ses grandes jambes et sa complainte rassurante, dans la salle.

merci donc, Cornebarrieu, pour ces moments offerts,

merci Julia (pour l'invitation, l'accueil, et la photo!),merci Ben et Ben, merci Franck, Claude, et toute l'équipe de l'Aria

merci le public ému



on repart à Paris,
la langue brûlante du soleil encore inscrite sur nos peaux,
et dans les oreilles , tout ça , mêlé aux hurlements de désirs des grenouilles, orchestre de printemps, de bave, d'orgie animale cacophonique et cachée.

le prochain rendez-vous, c'est
la NUIT DES ENFANTS - Mardi 5 Juin , à la Menuiserie, à Pantin !
(une performance d'une demi heure , étrange et hypnotique et mignonne, par 22 enfants et moi.)

26 mai 2018

DANS LE VENTRE DU DRAGON !


Merci beaucoup les CM2B de l'école Guy Mocquet du Blanc Mesnil pour cette incroyable aventure d'hier
merci d'avoir mis la tête avec moi dans ce chaudron dont on ne savait pas encore ce qui allait en sortir
merci infini au Zebrock, à la Sacem et la Fabrique à Chansons d'avoir initié cette aventure avec confiance!
et merci à Karine, la fabuleuse maitresse des CM2B, qui a accepté de plonger avec moi, de tout son coeur, et qui a elle aussi accepté tous les tournants imprévus de ce voyage farfelu ! 

Dans l'histoire, elle se fait quand même dévorer par le dragon! 
 elle a continué son rôle de maitresse attentive, tout du long, même quand après avoir eu cette idée, les enfants ont entrepris de faire un vote pour décider si il fallait ou non aller la sauver, arguments pour et contre à l'appui. 
(dans la comédie musicale, c'est gracieusement devenu : "on hésite, on hésite / vite vite vite, vite vite vite/ sinon elle sera cuite / dissoute par les sucs gastriques")
ça a fini en la création de deux groupes, un groupe parti sauver la maitresse, en répondant à l'enigme du dragon, et un autre groupe créant un monde libre et sans devoirs, assez ahurissant de sagesse et de gentillesse et de responsabilité, et néanmoins dont la principale activité pour le moment est de faire la fête et manger du chocolat.

en tirant sur le petit bout de ficelle qu'on avait au départ (des enfants s'endorment dans la classe), est donc sortie cette espèce de comédie musicale en trois temps, qu'on a jouée hier après midi au DEUX PIECES CUISINE à blanc Mesnil, qui nous ont ouvert avec generosité les portes du lieu et de leur scène. 

c'était fou et bien et étrange d'être soudain sur scène en tant que musicienne pour 21 interprètes dont c'était la première fois.

il y a eu beaucoup de choses imprévues, et que je n'oublierai pas :
-les hurlements de joie des spectateurs, âgés pour la plupart de cinq à dix ans, entre chaque chanson
- avoir dédicacé 22 tshirt en guise d'au-revoir-c'était-bien-cette-aventure-ensemble, dont un sur le ventre tout rond de la maitresse enceinte (j'ai dessiné un bébé dragon endormi)
- la peur et l'excitation des enfants (exemple de discussion deux secondes avant d' entrer sur scène : "ohlala j'ai mal au ventre!" "j'ai oublié ce que je dois dire!" "j'ai peur!" "tu sais c'est normal d'avoir peur""AH BON??!")
- avoir pu porter un chapeau-dragon et chanter de tout mon coeur des paroles de dragon à la harpe (SI JAMAIS TU PERDS JE TE DEVORERAI TOI ET TA CLASSE TOUTE ENTIÈRE, DU PREMIER JUSQU'AU DERNIER, DES CHEVEUX JUSQU'AU DOIGTS DE PIED), d'une voix menaçante avec un petit rire sournois
- quand j'ai fait un mini-concert ensuite pour tous les enfants et qu'à chaque fois que je disais le mot "amour" ou "tomber amoureux" ils faisaient BEEEEEEUUUUURK !
- quand j'ai pensé à faire ma chanson pour les morts, que je me suis assise sur le bord de la scène et que j'ai demandé si c'était quelque chose qu'ils connaissaient, dans leur vie, si des gens qu'ils connaissaient, leurs grand parents peut-être, ou d'autres gens qu'ils aimaient, étaient morts. Un tiers des enfants a levé la main tristement. Au fond, des adultes aussi levaient la main humblement et ça m'a émue beaucoup. Ensuite ils ont tous murmuré les refrains avec moi comme si c'était une petite comptine.
- aussi, quand ils ont tous repris le refrain de ma chanson SABLES MOUVANTS parce qu'il était facile à retenir. Je savais pas trop quoi penser émotionnellement de tous ces enfants (beaucoup, beaucoup) assis par terre dans une salle de spectacle en train de chanter "j'aurais suivi n'importe qui, n'importe qui". ça renforçait la tristesse et le gachis dont on parle dans la chanson et c'était flippant et en même temps ultra-mignon. Un blougiboulga émotionnel de premier ordre. 

- enfin, tout le moment de la comédie musicale, qui a surgi vraiment A PARTIR des enfants, c'est à dire que tout mon travail a consisté à trouver comment les guider, comment les laisser décider, inventer, tricoter maille à mailler l'histoire et la manière de le raconter. C'était tellement enthousiasmant et épuisant et étonnant et enrichissant à la fois.

Je savais pas que dans ma vie j'allais co-inventer une comédie musicale avec des enfants mais j'en suis BIEN CONTENTE. 

ça a été filmé donc j'espère que je pourrais vous le montrer bientôt. et même si on a manqué d'un tout petit peu de temps pour la mise en scène , (il me semblait plus important de finir l'histoire et les chansons à leur rythme), j'ai quand même passé une partie de la nuit de la veille à me fabriquer un absurde et fantasque costume ridicool de dragon. Rien que pour ça, mais surtout pour tout le reste, merci, merci Karine et
les CM2B. En tant que musicienne, vous m'avez permis d'explorer plein de trucs. En tant que personne humaine, vous m'avez tellement tellement appris. Et en tant que dragon, c'était un plaisir d'exploser pour vous.



22 mai 2018

à propos du mot d'excuses


parfois
il faut expliquer au monde
pourquoi on ne peut plus répondre au téléphone
à cause du vertige, 


parce que dire ce vertige
ce n'est possible
que quand on est en plein milieu

il faut accrocher le carnet
avec les pages qui volent dans la tempête
et écrire cet ébahissement
pour s'en souvenir

ce mot d'excuses a un mois déjà
il n'est pas vraiment périssable

dehors c'est l'orage et le déluge
dedans
enroulé autour des os
cet ébahissement doux
saisissant

"cher monde, pour cause d'ébahissement amoureux, La Demoiselle inconnue-Camille Hardouin sera indisponible ces prochains jours..."

j'écrivais
pour dire que j'étais trop heureuse pour même réussir à parler
j'avais juste assez de souffle
pour rédiger un mot d'excuse sur un carnet de correspondance imaginaire
et le tendre au monde
avec un petit rire idiot

Mot d'excuses



Cher monde,

pour cause d'ébahissement amoureux, la Demoiselle inconnue-Camille Hardouin sera indisponible ces prochains jours.
étant hors du monde et en plein dans la source du monde à la fois
les activités habituelles telles que communiquer/ répondre au courrier/ respecter les horaires ou même regarder l'heure autrement que comme de drôles de chiffres sans pouls animal
sont actuellement fortement ralenties

merci de votre compréhension


il est actuellement impossible de s'approcher à un rythme normal de l'ordinateur, du téléphone, ou de la porte d'entrée. Manger est une surprise oubliée. Dormir est une surprise oubliée. Parler est tantôt un flot surgissant tantôt absolument impossible, les mots embourbés dans le fond du cerveau, les corps occupés par un printemps entier énorme et infini. La peur est devenue une chose minuscule et apprivoisée, qu'il suffit de sortir ou de cajoler lorsqu'elle grogne ou couine. La joie est l'équivalent de la lumière et de la nuit, couleur radieuse et profonde, habillant tout l'espace dans les visages et dans la maison, évidente, envahissante, naturelle, inévitable. 

Tout est occupé à se transformer
- que -si-je-jouais-aux-pokemons-je-ferai-une-comparaison-avec-prendre-tous-les-stades-ultimes-des-pokemon-mais-j'en-sais-rien-
je sais seulement que tout éclot bouge s'agrandit change de place d'une manière immense
avec une partie que je peux comprendre immédiatement et une autre, immense aussi, que je comprendrai dans des années peut-être

tout est englouti et ouvert
le temps les distances les anciennes nécessités

à bientôt le monde
dit-elle en replongeant
avec le sourire le plus grand et le plus lumineux de la terre
facile
puisqu'elle en avait collé deux ensemble
et que ces bestioles là se multiplient à la vitesse de l'éclair
ce sont des mathématiques faciles
avec deux sourires
un + un = Mille

je me souviens flouement que cette semaine c'était l'anniversaire de Mille Bouches
je l'ai fêté en les embrassant toutes

Camille

18 mai 2018

LE VOICI LE VOILA ! LE SCOPITONE D'IL M'PLAIT PAS !!!


En décembre dernier j'ai poussé un petit cri dans un TGV, parce que WAOU je venais de gagner un concours pour tourner un Scopitone,
c'est à dire un clip à l'ancienne et en playback avec la super équipe de SCOPITONE IS NOT DEAD.

J'ai choisi de faire un petit dej-catastrophe sur IL M'PLAIT PAS et c'est devenu assez logiquement un plan séquence où je me lave les dents avec du savon, et où je mords dans ma chaussure.

Je suis très contente parce que j'avais envie depuis longtemps de tourner quelque chose de ce genre sur cette chanson, parce que c'était super de tourner avec Scopitone's not dead, et aussi parce qu'en dépit du goût atroce du savon et de ma chaussure, on a vraiment beaucoup rigolé.

(et merci beaucoup à Bertrand Lamblot qui parrainait le concours et qui a donc donné le permis de vie à cette petite folie de toutes les couleurs)
 

7 mai 2018

SI QUELQU'UN M'AVAIT VUE



Si quelqu'un m'avait vue

si quelqu'un m'avait vue ce matin là

descendre les ruelles

juste après t'avoir embrassé

juste après me décoller de toi pour la première fois
après m'être collée à toi pour la première fois
la première nuit qui fut une évidence et un vertige

si quelqu'un m'avait vue
avec ma tête d'ahurie
souriant de toutes mes dents
toutes celles que la vie m'a donnée
et remerciant les dents que la vie m'a donnée
encore incrédule et radieuse de t'avoir mordu partout là où je pouvais
embrassé partout là où je pouvais
mangé léché goûté dévoré

si quelqu'un m'avait vue par la fenêtre
ouvrir la bouche et les yeux
écarquiller tout mon visage
en avançant dans la rue pour me perdre encore une fois
écarquiller mon visage puis sourire
puis reprendre cet étonnement de clown
et reprendre mon sourire d'immensité
des marées d'étonnement et de joie sur mon visage

et encore aujourd'hui à tous les mots et les gestes de toi dont je me souviens
c'est l'eau qui me reprend
je me souviens que je suis faite d'eau et je fonds et je gronde et je tempête et je surgis en éclatements joyeux
le plus grand rire de l'eau

mais si quelqu'un m'avait vue
revenir silencieuse et débordante
avec ces marées sur mon visage
je crois bien
qu'il serait tombé par la fenêtre

on ne peut pas voir quelque chose comme ça et rester en équilibre
je pense

alors il vaut mieux
que personne ne m'ait vue
rire d'un rire silencieux et crier OH muettement
avec mes gestes encore pleins de la forme de toi
marcher et rire et crier muettement d'étonnement
dans le monde qui venait de se transformer

27 avr. 2018

COLLODION HUMIDE

Parfois, il arrive tant d'histoires qu'on n'a pas le temps de tout raconter. Il faut trouver un équilibre entre jongler avec les mots et plonger toute sa tête dans la vie, sans la laisser filer à force de la dire au lieu de la vivre, même si je pense que dire, ça compte largement, comme chose à vivre. Parfois je laisse tout reposer, je me dis que les mots trouveront une place à un moment, les histoires trouveront des oreilles, je laisse les poèmes dans les tiroirs sans yeux pour les voir, en attendant que ce soit le bon moment, sans être sûre qu'il y en ait un. Je reprends mon souffle, c'est là qu'il arrive encore d'autres surprises, parfois des quantités de surprises, une pluie de surprise, ou même une surprise pile à la taille des mains pour la recevoir.

La fois que j'aimerais raconter maintenant, c'était ce moment du Mégaphone Tour, en Janvier, on entamait tout juste cette plongée ensemble, je ne savais pas encore à quel point ça allait être amusant épuisant et inspirant tout à la fois, je regardais encore GISÈLE PAPE et MASSY INC. comme des étrangers un peu zarbi et je me disais qu'ils devaient me trouver encore plus zarbi. J'étais arrivée là avec plus de fatigue que ce qu'un seul dos peut porter, et il me restait dix jours à faire comme ça avant de pouvoir trouver un semblant de nuit normale. J'avais posté les dernières retouches de la BD à mon éditrice juste avant de sauter dans le camion, et je me promenais la tête encore pleine de mes histoires de zombie, histoires qui me faisaient rigoler et frissonner tout à la fois, j'avais pris l'habitude de trainer seule dans ces drôles de souterrains imaginaires, et je sursautais encore vraiment dès que quelqu'un posait la main sur mon dos. Forcément, le passage de ça à douze jours en camion collés à cinq ou six tout le temps, ça m'a pris un petit temps d'adaptation.

Je ne savais pas encore que deux nuits plus tard, on tournerait un clip dans une piscine en hurlant une reprise en français des Pussycat Dolls , en se tordant de rire par terre, tels trois musiciens fous liés par un pacte invisible, avec leur crew indémontable de technicien.nes-accompagnateurices-régisheureux-camerawomanmen-organisateurices se transformant tels des power rangers en sautant d'un poste à l'autre, et qu'on allait passer douze jours à jouer partout, intervertissant les ordres de passages jusqu'à ce que les sets soient complètement mélangés les uns aux autres et qu'on s'invite partout. . Je savais pas tout ça, je savais juste que dans quelques heures c'était le premier concert de la tournée, que je venais de finir mes balances, et que j'avais été invitée par quelqu'un à faire des photos AU COLLODION HUMIDE.

Outre la poésie exubérante et aux consonances légèrement médicalodégueuflippantes de ce nom, ayant vu le talent du photographe et les résultats fabuleusement fantomatiques de cette technique antique de cowboy, j'avais dit un oui clignotant d'enthousiasme et c'est ainsi que je me retrouvais, quelques heures avant le concert, dans le laboratoire d'une maison fabriquée dans un DEMI HOTEL, avec des DEMI ESCALIERS, des chambres sortant de couloirs qui sortaient de placards qui sortaient de portes en trompe l'oeil, un bébé tout frais tout neuf accroché à sa mère souriante aperçue une demi seconde parce qu'on était pressés comme des petits citrons dans le métro,et à qui j'avais dit un bonjour fatigué-mais-enthousiaste et qui m'avait répondu un bonjour fatigué-mais-enthousiaste aussi, pour des raisons évidemment bien différentes.

Le photographe s'appelait Bonze, était sympa de ouf, et j'étais maintenant sur une chaise, essayant de ne pas bouger d'un cil pendant les quarante secondes d'immobilité que demandait la pose.
Je me souviens en réalité de tout le moment comme s'il était immobile, une parenthèse très calme, malgré le fait que les retards de la journée nous amenaient à avoir très peu de temps, et que c'est une technique qui demande de la lenteur, et de nombreux essais.

Un moment à parler, à décider d'une pose : j'avais choisi bien en face, le regard fixe, quarante secondes d'immobilité donc, puis j'avais pu regarder les gestes si étranges, si précis, pour développer la photo. Ce qui était merveilleux, m'expliquait Bonze, c'est la quantité de hasard qui intervenait dans le processus. Il fallait des gestes très précis, mais à chaque étape, un quart de demi seconde de plus ou de moins sous la lumière ou le produit pouvaient tout changer - faire qu'un oeil se révèle puis s'efface, qu'une zone se tache d'ombre.

Je me souviens d'une chambre noire qui était rouge, de vieux flacons, de plaques sur lesquelles on passe du produit, et que Bonze m'expliquait patiemment chaque geste, chaque technique. C'était une seule plaque, donc un seul essai à la fois. J'aimais comme la technique rendait tout organique, comme c'était un moment capturé, autant pour la personne prise en photo que pour celle qui la développait.

C'est comme ça qu'est apparue la première photo. Mon visage de face, encore un peu effrayée, fatiguée, on dirait un renard pris dans les flash, qui fait semblant d'être calme, qui va s'enfuir dans un instant.





J'avais un peu mieux compris le jeu, alors je pouvais mieux plonger maintenant, mais il ne restait presque pas de temps. on a quand même décidé de se risquer à en faire une deuxième.
Je me suis calée de dos, sur la chaise. Le regard qui venait surgir par dessus l'épaule.
pas le temps de réfléchir, l'appareil qui faisait des siennes, le temps qui se réduisait, mais à chaque péripétie on se disait, avançons, on verra bien.

Il y a ce moment magique où on voit l'image apparaitre. tout est déjà fait, on tient la plaque dans les mains et on voit lentement le résultat de tous les gestes, de ce mélange de précision et de hasard.

lentement, lentement, est apparue cette photo que j'adore -
le dos d'abord, puis on a distingué les cheveux
on se demandait si on aurait quelque chose comme un regard

et puis au dernier moment, l'oeil est apparu
et j'ai poussé des cris de joie
devant la photo qui me dessine comme une gravure ancienne
avec ce regard qui voudrait dévorer le monde,
qui voudrait se cacher et tout montrer en même temps

je suis repartie tellement reconnaissante,
arrivée juste à temps pour le concert du soir

et avec ce souvenir
où ma fierté était réapparue en même temps que l'image

merci
merci
merci
Bonze